13 janv. 2011

Premiers essais! Dur dur...

Les joies de la découverte, puis...l'incompréhension!

L'histoire trouve son origine au départ de la boutique de Cyclable Toulouse, alors que nous avions décidé avec mon ami Gavin (le 3ème vélo, équipé d'un système à pignons et dérailleurs "classiques", gamme "XT Deore") de rentrer à la maison en pédalant dès la sortie du magasin! Au programme de la première Aventure, 80kms de petites routes, pour rallier Castelnaudary par les hauteurs côté sud de la N113...

En ce matin du vendredi 12 novembre 2010, nous prenons le train en direction de Toulouse, puis traversons la ville à pied pour être à l'ouverture du magasin, bien décidés à boucler notre session "questions techniques" et "commande subsidiaire d'accessoires" en quelques heures pour consacrer notre après-midi à rouler.

Le temps douteux du matin nous fait prendre nos combinaisons néoprène (habituellement pour le surf...)  afin de palier à toute éventualité météo... Nous sommes donc un peu chargés, puisque nous trimbalons aussi notre "fond de sac" habituel de rando, histoire de pic niquer dans le luxe (réchaud, etc...) et du fait que nous tenons toujours à assurer notre survie en toute circonstance et autonomie.

Dès les premières minutes passées au magasin, nous prenons la mesure du temps qu'il va effectivement falloir concéder avant d'enfourcher nos rutilantes montures...

Les clients défilent, mais toute l'équipe se démène pour tenter de nous accorder un maximum d'attention afin de répondre à nos questions.
Après une courte pause déjeuner, l'heure est toujours à la discussion technique, au listing des accessoires et pièces de rechange, mais toujours loin d'imaginer ce qui nous attendait pour bientôt...
Cependant, nous avions remarqué dès le premier coup d'œil, l'excessive fragilité de nos poignées de freins en cas de chute, ce qui a fait l'objet d'un article détaillé aujourd'hui que vous trouverez ICI.

19h00... Enfin nous sommes prêts à quitter Toulouse, de nuit, avec en tout et pour tout 1h00 d'essai à notre actif sur des vélos couchés loués au préalable, un centre ville à traverser, 80kms à dérouler sous un ciel toujours menaçant mais s'améliorant, a priori..., aucune expérience des pédales automatiques, des vélos "théoriquement" ajustés à notre taille..., et l'immense fierté d'avoir encore pensé à mettre nos Petzl (lampes frontales) dans nos sacoches, juste au cas où!...

Après la magnifique photo de départ le sourire jusqu'aux oreilles, vient le premier coup de pédales automatiques (pieds liés mécaniquement aux pédales)!... Je renonce en moins de 15 secondes à l'usage de celles-ci en ville, alors qu"il ne faudra pas moins de 10 secondes environ à Gavin pour confirmer notre (grande) inexpérience en la matière, temps estimé pour : monter sur le vélo, clipser ses deux pieds fermement et se vautrer lamentablement à l'arrêt, la gueule encastré dans un trottoir du centre ville aux heures d'affluence... Ah, bravo! Et ça veut faire le tour du monde??? Bref... ;-)

Une minute et demi plus tard, nous parvenons à tenir en équilibre, ce qui est déjà un exploit, mais pas suffisant pour se regarder mutuellement et parvenir à communiquer. À peine passé le coin de la rue, je m'oriente dans une ruelle, alors que Gavin file droit comme un I, fier de ses prouesses. Nous nous sommes déjà perdus de vue! Pas de protable bien sûr, aucune connaissance de la ville ni de la direction qu'il nous fallait suivre, rock n' roll story dès le départ!!! :-)

Heureusement, la télépathie ou un truc du genre, sans aucun doute, nous remet sur les mêmes "rails" en peu de temps. Ouf! Décidés à ne plus se perdre de vue, nous parvenons à sortir de Toulouse au coup par coup, grâce d'aimables policiers, entre autres, pour nous avoir bien guidé, et quelques sens interdits ponctuellement, boussole en main et cap à tenir oblige!...

Le canal du midi!!! On est sauvé, c'est tout droit jusqu'à Castelnaudary maintenant, ou presque... C'est qu'il a beaucoup plu ces jours-ci, vous savez?.. Et les berges, ce sont des pistes boueuses! Ah, bravo! La Grande Aventure! On la voulait? La voilà...
Après bien peu de kilomètres agrémentés de chutes ridicules quasi à l'arrêt, tête première dans la boue bien sûr, nous finissons par emprunter la N113, qui me fait apprécier le goudron pour la première fois, j'avoue.

30 minutes plus tard, c'est Christian, cyclotouriste expérimenté, qui nous accueillera chaleureusement chez lui après avoir profité d'un feu rouge pour descendre de son petit van et nous questionner sur nos montures, avant de finalement nous offrir le verre de l'amitié bien au chaud!
"Vous êtes sûr? Vous voulez vraiment rentrer à vélo par un temps et un froid pareil??? Je peux vous ramener à Castel d'un coup de camion si vous voulez, sérieusement!", nous disait-il. "Non, non, c'est bon, ne t'inquiète pas, c'est notre première aventure, il faut qu'on s'y tienne jusqu'au bout!", répondait-on... Imbéciles orgueilleux je dirais après coup, car la suite ne fut qu'une douloureuse épreuve, au cours de laquelle je n'ai cessé de penser à cette proposition...

Vers 22h30, fort de ses conseils, nous reprenons la piste du canal du midi qu'il connaissait par cœur, après qu'il nous ait mis sur la voie, nous ayant précédé de son petit camion.

Rapidement je trouvai que mes jambes se fatiguaient anormalement. Une bonne heure s'ensuivit avant qu'épuisé, dans une montée, je décidai d'essayer le vélo de Gavin qui semblait irrattrapable. Je voulais en avoir le cœur net. Était-ce mon vélo ou mes jambes qui défaillaient?
Impensable!!! Je m'envolai alors que Gavin resta "cloué" à son tour sur mon vélo. Mais qu'est-ce qu'il se passe???
Rapidement j'attribuai ce problème au moyeu Rohloff dont j'étais pourtant si fier, avant de me perdre corps et âme dans tant et plus de bordées d'injures à l'encontre de ces foutus vélos couchés pour n'importe quel prétexte maintenant! La fatigue...excessive, ça ne donne guère de bons résultats finalement...

2h00 du matin, un chat blanc mort sur la route, dissimulé dans un brouillard très humide à couper au couteau dans un froid de canard (visibilité 3m environ, jamais même connu en montagne)..., me surprend dans ma torpeur, et ma tentative d'évitement in extremis et mal contrôlée finit de m'anéantir en s'achevant dans le décors de l'autre côté de la route! Plus de peur que de mal, juste quelques légères égratignures en guise de "souvenir", mais un guidon tordu et ma première casse de durite hydraulique (foutus freins!) confirmant, sans appel, mon intuition de départ quant à la fragilité de cet organe.

2h30 : Arrivée à bon port. On est décomposé (du moins, je le suis vraiment), et j'accuse le coup, terriblement déçu par mon vélo! Incompréhension totale...

Heureusement, le temps est passé depuis, et comme à chaque fois, une épreuve difficile finit par ne laisser plus que de bons souvenirs, et toujours plus d'anecdotes à raconter! Le top, c'est  d'entendre la version orale, de cette histoire, qui s'étoffe à souhait au fil des mois! Mais comment peut-on renier ses origines quand on est bel et bien Marseillais?!... ;-)

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Chercheur de Simplicité, Voyageur Passeur, je m'émerveille face à l'extrême Beauté de notre Mère Nature et me questionne sur le fonctionnement des communautés humaines.